Homélie du jour
Mardi 7ème Semaine du Temps Pascal
S. Yves, prêtre
Mémoire facultative
S. Yves, prêtre
Mémoire facultative
Paroles du Saint Père
Avant les paroles, l’Évangile nous fait contempler une attitude de Jésus : l’Évangéliste dit qu’il priait « les yeux levés au ciel » (Jn 17, 1). Ce sont les dernières heures de sa vie, il sent le poids de l’angoisse de la passion qui s’approche, il ressent l’obscurité de la nuit qui est sur le point de s’abattre sur lui, il se sent trahi et abandonné; mais justement à ce moment-là, même à ce moment-là, Jésus lève les yeux au ciel. Il lève les yeux vers Dieu. Il ne baisse pas la tête face au mal, il ne se laisse pas écraser par la douleur, il ne se replie pas dans l’amertume de ceux qui sont vaincus et déçus, mais il regarde en haut. (…) La prière nous ouvre à la confiance en Dieu même dans les moments difficiles, elle nous aide à espérer contre toutes les évidences, elle nous soutient dans la bataille quotidienne. Elle n’est pas une fuite, ni un moyen pour échapper aux problèmes. Au contraire, elle est l’unique arme dont nous disposons pour garder l’amour et l’espérance au milieu de tant d’armes qui sèment la mort. Il n’est pas facile de lever les yeux quand nous sommes dans la douleur, mais la foi nous aide à vaincre la tentation de nous replier sur nous-mêmes ! Peut-être voudrions-nous protester, crier également notre souffrance à Dieu : nous ne devons pas avoir peur, même cela aussi est prière. (Pape François, Homélie, 16 mai 2021)
Source : vaticannews
« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »
Saint John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
Sermon « The Spiritual Presence of Christ in the Church », PPS, t. 6, n°10
Le retour du Christ à son Père est à la fois source de peine, parce qu'il implique son absence, et source de joie, parce qu'il implique sa présence. De la doctrine de sa Résurrection et de son Ascension jaillissent ces paradoxes chrétiens souvent mentionnés dans l'Écriture : nous sommes dans l'affliction, mais sans cesser de nous réjouir, « comme n'ayant rien et possédant tout » (2Co 6,10). Telle est en effet notre condition présente : nous avons perdu le Christ et nous l'avons trouvé ; nous ne le voyons pas et pourtant nous le discernons. Nous étreignons ses pieds (Mt 28,9), mais il nous dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20,17). Comment cela ? C'est que nous avons perdu la perception sensible et consciente de sa personne ; nous ne pouvons pas le regarder, l'entendre, parler avec lui, le suivre de lieu en lieu ; mais nous jouissons spirituellement, immatériellement, intérieurement, mentalement et réellement de sa vue et de sa possession : une possession plus réelle et présente que celle dont les apôtres jouissaient aux jours de sa chair, justement parce qu'elle est spirituelle, justement parce qu'elle est invisible. Nous savons que dans ce monde plus un objet est proche de nous, moins nous pouvons le percevoir et le comprendre. Le Christ est venu si près de nous dans l'Église chrétienne, si je puis dire, que nous ne pouvons pas le fixer du regard ou le distinguer. Il entre en nous, et prend possession de l'héritage qu'il s'est acquis. Il ne se présente pas à nous, mais il nous prend avec lui. Il fait de nous ses membres… Nous ne le voyons pas ; nous ne connaissons sa présence que par la foi, parce qu'il est au-dessus de nous et en nous. Ainsi, nous sommes dans la peine, parce qu'inconscients de sa présence…, et nous nous réjouissons parce que nous savons que nous le possédons : « Sans le voir, vous l'aimez ; sans le voir encore vous croyez en lui ; et vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, l'aboutissement de votre foi » (1P 1,8-9).
Source : levangileauquotidien
