Homélie du jour
28ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine IV du Psautier)
Paroles du Saint Père
L’Evangile d’aujourd’hui nous parle d’un roi qui prépare un banquet de noces pour son fils (cf. Mt 22, 1-14). C’est un homme puissant, mais c’est surtout un père généreux, qui nous invite à partager sa joie. En particulier, il révèle la bonté de son cœur dans le fait qu’il ne force personne, mais qu’il invite tout le monde, même si cette façon de faire l’expose à la possibilité d’un refus. Notons-le: il prépare un banquet, offrant gratuitement une occasion de rencontre, de fête. C’est ce que Dieu prépare pour nous: un banquet, pour être en communion avec Lui et entre nous. Et nous, nous tous, sommes donc les invités de Dieu. Mais un banquet nuptial demande de nous du temps et notre participation, il demande un «oui»: aller, aller à l’invitation du Seigneur, Il invite mais nous laisse libres.
Voilà le genre de relation que le Père nous offre: il nous appelle à être avec lui, en nous laissant la possibilité d’accepter ou non. Il ne nous propose pas un rapport de soumission, mais une relation de paternité et de filiation, qui est nécessairement conditionnée par notre libre consentement. Dieu est très respectueux de la liberté, très respectueux. Saint Augustin utilise à cet égard une très belle expression en disant: «Dieu t’a créé sans toi, il ne te sauvera pas sans toi» (Sermon 169, 13). Et ce n’est certainement pas parce qu’il n’en a pas la capacité — il est tout-puissant! — mais parce que, étant amour, il respecte jusqu’au bout notre liberté. Dieu propose, il n’impose pas, jamais. (Pape François, Angélus, 15 octobre 2023)
Source : vaticannews
« Venez au repas de noce »
Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Sermon 74, en l’honneur de sainte Cordula (trad. Cerf 1991, p. 603 rev.)
« Appelez ceux qui sont invités à la noce, tout est prêt. » Mais les invités s'excusent : « l'un s'en alla à son champ, l'autre à son commerce »… Cet affairement étonnant et cette agitation continuelle qui remuent le monde, on ne les voit malheureusement que trop dans le monde entier. Ce qu'on a de vêtements, de nourriture, de constructions et de beaucoup de choses est tellement prodigieux que la tête vous en tourne : la moitié suffirait amplement. Cette vie ne devrait être qu'un passage vers l'éternité… De toutes nos forces nous devons nous arracher à cette exubérance d'activité et de multiplicité, à tout ce qui n'est pas besoin absolu, et nous recueillir en nous-mêmes, nous attacher à notre vocation, considérer où, comment, et de quelle manière le Seigneur nous a appelés, l'un à la contemplation intérieure, l'autre à l'action, et un troisième… au repos intérieur, dans le calme silence des ténèbres divines, dans l'unité de l'esprit.
Même ces derniers, Dieu les appelle parfois à l'action extérieure, parfois à l'intérieure, selon son bon plaisir, mais l'homme n'est pas attentif à son appel… Si l'homme appelé intérieurement au silence noble et calme voulait à cause de cela s'abstenir continuellement de toute œuvre de charité, ce ne serait pas bien ; et malheureusement, aujourd'hui très rares sont ceux qui veulent faire des œuvres de charité extraordinaires… L'Évangile raconte que le maître a trouvé un de ses hôtes assis au festin sans le vêtement de noce… Le vêtement qui manquait à ce convive, c'est la pure, vraie, et divine charité, cette intention véritable de chercher Dieu qui exclut tout amour de soi et tout ce qui est étranger à Dieu, qui ne veut que Dieu… À ceux qui se cherchent eux-mêmes notre Seigneur dit : « Ami, comment es-tu venu ici sans l'habit de la vraie charité ? » Ils ont recherché les dons de Dieu plutôt que Dieu lui-même.
Source : levangileauquotidien
